Aide des États-Unis dans la lutte contre la COVID-19 en Afrique subsaharienne – Point de presse spécial avec Tibor Nagy

Le secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines, Tibor Nagy,
sur l’aide des États-Unis dans la lutte contre
la COVID-19 en Afrique subsaharienne
Département d’État des États-Unis
Le 21 mai 2020
Point de presse spécial via téléconférence


BROWN :
Merci. Bonjour à tous. Bienvenue à cette séance d’information officielle avec notre secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines, Tibor Nagy, qui possède l’un des meilleurs noms au département d’État. Pas plus tard qu’hier, le secrétaire Pompeo a annoncé 162 millions supplémentaires au titre de l’aide étrangère dans le cadre de la riposte mondiale à la COVID, ce qui porte nos engagements à plus d’un milliard de dollars au total depuis le début de l’épidémie. L’assistance à 39 pays du continent africain, de l’Angola au Zimbabwe et à trois groupements régionaux – le Sahel, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique subsaharienne – sont des composantes essentielles de cette action.

Mais l’implication et l’engagement des États-Unis envers l’Afrique vont bien au-delà de notre réponse à la COVID. Nous œuvrons pour la croissance économique, la sécurité, l’éducation, le développement durable. Le secrétaire adjoint Nagy nous fera part des dernières évolutions dans ce domaine.

À titre de rappel, le contenu du point de presse est sous embargo jusqu’à la conclusion de l’appel.

Tibor, allez-y.

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT NAGY : Merci beaucoup, Cale. Et je vais commencer par une courte allocution avant de passer à la discussion. Alors là-dessus, bonjour à tous. Merci beaucoup de prendre part à cet appel. Nous apprécions l’excellent travail que vous faites. Tout reviendra très vite à la normale. Je prie sincèrement pour chacune de vos familles sans exception en cette époque sans précédent.

J’ai parlé à un groupe de journalistes africains il y a quelques semaines, et ce que j’ai dit mérite qu’on le répète. Après toute une carrière sur le continent, je suis plus optimiste que jamais en ce qui concerne, non seulement notre capacité à surmonter cette crise, mais aussi le fait que notre relation avec le peuple africain en ressortira encore consolidée.

La COVID-19 monopolise actuellement l’essentiel de notre attention et de notre énergie, et à juste titre. Mais notre partenariat de longue date avec l’Afrique sur d’autres questions se poursuit également. Qu’il s’agisse de travailler ensemble à la bonne gouvernance, d’intensifier les activités commerciales et les investissements, de faciliter l’entreprenariat des jeunes et des femmes en Afrique, ou de veiller à la sécurité, notre engagement envers le peuple africain est plus solide que jamais.

Je note que le peuple burundais est allé aux urnes hier. Les résultats préliminaires seront publiés mardi prochain. Comme l’a dit le secrétaire [d’État] hier, nous exhortons toutes les parties à s’abstenir de provocations ou de violences, à respecter les droits démocratiques de tous les citoyens et les procédures juridiques établies pour régler les griefs potentiels.

Je suis optimiste quant au potentiel de progrès des relations américano-burundaises à la suite de ces élections. Nous saluons le gouvernement français, un mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des tribunaux pénaux, pour l’arrestation le week-end dernier de Félicien Kabuga, accusé d’avoir joué un rôle clé dans le génocide de 1994 au Rwanda. Il s’agit d’une étape importance pour la justice internationale et d’un message à tous ceux qui se livrent à des génocides et d’autres crimes et atrocités : ils seront traduits en justice. Les États-Unis restent déterminés à exiger qu’il soit fait justice aux victimes du génocide et à faire en sorte que l’on réponde de tous ces crimes dans le monde.

Le secrétaire Pompeo a souligné à maintes reprises que le moment était venu de renforcer les partenariats de longue date entre l’Amérique et nos amis africains, et ce partenariat n’a cessé de se consolider sous la direction du président Trump. Dans la mesure où l’attention du monde entier se tourne maintenant vers la santé publique, il convient de répéter que les États-Unis sont de loin le plus grand pays donateur en Afrique, et ont mobilisé plus de 100 milliards de dollars au cours des 20 dernières années pour la santé publique sur le continent africain, et formé plus de 285 000 professionnels de la santé. Des millions de vies ont été sauvées grâce à nos initiatives. Rien que grâce au PEPFAR, plus de 18 millions de vies ont été sauvées en 18 ans et l’Initiative présidentielle contre le paludisme, ou PMI, a permis de sauver plus de 7 millions de personnes et de prévenir plus d’un milliard de cas de paludisme au cours des 20 dernières années.

Et maintenant, dans la lutte contre la COVID-19, encore une fois, aucune autre nation ne fait plus que nous. Sur les plus de 900 millions de dollars que le gouvernement américain a débloqués dans le monde pour lutter contre le virus, près de 270 sont destinés à l’Afrique subsaharienne.

Je m’arrêterai donc sur cette introduction, et je vous cède la parole.

BROWN :D’accord. Passons donc à notre liste d’appels en attente. Commençons par Carol Morello.

QUESTION : (Inaudible) pour aider le Soudan. En Tanzanie, l’ambassade des États-Unis a publié une note sur son site Web selon laquelle le gouvernement à ce jour donne – met à disposition – m’entendez-vous ?

BROWN :La première partie de la question a été coupée. Je vous demanderai donc de bien vouloir recommencer du début.

QUESTION : D’accord. J’aimerais – la Tanzanie – et le Soudan du Sud, l’ambassade des États-Unis en Tanzanie a publié une note sur son site Web selon laquelle le gouvernement ne fournit aucune donnée sur le nombre de cas de COVID depuis la fin avril et que l’on pense qu’ils sont en croissance exponentielle. Savez-vous ce qui se passe là-bas ? Et au Soudan du Sud, des rapports indiquent que le personnel de santé du gouvernement n’a pas été payé depuis quatre mois, et en même temps, Riek Machar, qui est le chef du groupe de travail sur la COVID, a été testé positif et il devrait avoir 3 millions de dollars à sa disposition d’une manière quelconque, mais il n’a pas payé ce personnel. Savez-vous ce qui se passe là-bas ? Est-ce vrai ? Je vous remercie.

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT NAGY : Merci beaucoup pour la question, Carol.

Sur la Tanzanie, oui, c’est très décevant. Apparemment, selon leurs statistiques, ils ont cessé de fournir des statistiques sur la COVID à partir du 29 avril, et donc évidemment les chiffres sont largement supérieurs depuis lors. À Dar es Salaam, nous ne savons pas exactement quelle est la situation là-bas. Je veux dire, notre ambassade fait de son mieux pour enquêter sur ce qui se passe, mais malheureusement, le gouvernement là-bas n’est tout simplement pas très transparent en ce qui concerne l’ensemble du processus. Je pense également que le gouvernement tanzanien prend des mesures pour essayer de tout rouvrir. De toute évidence, ils sont très préoccupés par l’impact économique futur de la perte de l’industrie du tourisme, mais je ne pense pas que les touristes s’y bousculeront dans un environnement aussi incertain.

Le Soudan du Sud – c’est intéressant que vous mentionniez cela – ce matin seulement, juste une heure avant de vous parler, j’ai eu une conversation avec le ministre sud-soudanais des Affaires étrangères sur toute une série de questions. L’une d’elle portait évidemment sur la COVID-19. Notre ambassade là-bas suit également de très près la situation, et communique avec le ministère quotidiennement. Ma conversation ne se limitait évidemment pas à la COVID parce que nous sommes également très préoccupés par certains événements qui se déroulent là-bas, que ce soit la reprise des combats en Équatoria, l’accès des organisations humanitaires aux réfugiés potentiels, aux migrants internes qui – où la COVID pourrait se propager rapidement. Et oui, selon nos informations, le vice-président principal Riek Machar et son épouse, qui est la ministre de la Défense, souffrent tous deux de la COVID-19. Je ne dispose pas d’informations sur les 3 millions de dollars possibles, mais notre ambassade dialogue évidemment de manière très étroite avec eux pour déterminer la meilleure façon de procéder, et ne pas payer les travailleurs ne facilite certainement pas ces actions. À vous.

BROWN :D’accord, pour la deuxième question, passons à Michel Ghandour.

QUESTION : Deux questions sur le Soudan. Premièrement, quelle est la prochaine étape après que la Cour suprême a jugé que le Soudan devait payer plus de 4 milliards de dollars aux victimes des attaques des ambassades des États-Unis en Afrique de l’Est ?

Et deuxièmement, des informations ont été diffusées selon lesquelles les États-Unis sont parvenus à un accord avec les Soudanais sur cette question – est-ce exact ? Et quand pensez-vous que le Soudan sera retiré de la liste des États parrains du terrorisme ?

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT NAGY : D’accord, merci beaucoup pour cette question. Cela va également faire intervenir une réponse impliquée, mais passons d’abord à la dernière partie car c’est une question que me posent non seulement chaque représentant des médias, mais également nos amis dans divers gouvernements. Et j’aimerais pouvoir vous le dire, mais la résiliation de la désignation d’État parrain du terrorisme ne va pas se faire d’un coup. Il s’agit d’un processus qui fait intervenir plusieurs branches du gouvernement américain. J’aimerais donc pouvoir vous donner une réponse définitive. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Sur la décision du tribunal, quelques points. Encore une fois, je dois être très prudent dans ce que je dis ici parce que je ne suis pas un avocat ou un expert juridique, mais voici quelques éléments de réponse à ce sujet. D’accord, nous prenons évidemment acte de la décision du tribunal, la décision de la Cour suprême, la décision du 18 mai. Nous reconnaissons également que les contentieux liés à ces demandes vont se poursuivre. Et je tiens à souligner que nous restons fermement résolus à travailler avec le Soudan afin de parvenir à un règlement des actions liées aux attentats à la bombe de 1998 en Afrique de l’Est.

Je peux confirmer que nous sommes parvenus à une entente commune avec le Soudan – et je reste ici très prudent dans mes propos – sur les contours d’un futur accord bilatéral en ce qui concerne les demandes, sur les contours d’un tel accord. En outre, cet accord final sera conforme à l’accord de paiement du Soudan – il comprendrait une indemnisation en rapport avec des réclamations concernant également des citoyens non américains tués et blessés dans les attentats à la bombe des ambassades. Cela fait partie des priorités du gouvernement américain étant donné que ces ressortissants étrangers étaient nos employés et nos prestataires, donc évidemment il y a deux groupes de parties au contentieux : les ressortissants américains et les citoyens d’autres pays.

Donc oui, je peux confirmer que nous sommes parvenus à un accord, mais encore une fois, je reste très prudent à ce sujet : les contours d’un accord, les contours d’un futur accord bilatéral sur les demandes d’indemnisation. Voilà. Et j’aimerais pouvoir élaborer plus en détails, mais comme je l’ai dit, je ne suis ni avocat ni juriste, et évidemment nous n’entrerons pas dans les nuances ou les détails à ce stade. C’est tout.

BROWN :D’accord. Ensuite, Francesco Fontemaggi.

QUESTION : Bonjour merci. Je voulais vous poser des questions sur le Burundi. J’ai entendu ce que le secrétaire [d’État] a dit. J’ai vu vos tweets louant le peuple burundais qui se rend massivement aux urnes. Quel genre de processus avez-vous dans ce régime, en l’absence de respect du dispositif électoral démocratique ? Et aussi, si vous pouviez nous donner votre avis sur la décision d’expulser l’équipe de l’OMS pendant cette pandémie. Je vous remercie.

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT NAGY : Oui. Ce n’est un secret pour personne que nos relations avec le Burundi n’ont pas du tout été ce que j’appellerais cordiales. Nous sommes encouragés de voir – je veux dire, évidemment, nous recevons des rapports de notre ambassade sur les événements qui se déroulent là-bas, liés aux élections. La bonne nouvelle, c’est que ces élections ne sont en aucun cas aussi violentes ou problématiques que les élections de 2015.

Ceci dit, nous allons évidemment suivre, non seulement les élections, mais la période postélectorale. Les résultats préliminaires devraient être publiés mardi. Il est très important de faire pression pour la non-violence auprès du gouvernement à la suite d’un processus démocratique aussi positif que possible. Et puis, comme cela arrive invariablement avec de nombreuses élections, qu’en cas de contestation des résultats, on respecte le processus prescrit à cet effet.

Et j’espère également qu’à l’avenir, une fois qu’un gouvernement sera formé à la suite des élections, nous espérons que nous pourrons envisager de nouveau une reprise potentielle de relations plus normales, de relations bilatérales entre nos deux pays. Nous avons par le passé entretenu des relations cordiales avec le Burundi et il n’y a aucune raison que cela ne soit pas de nouveau le cas. Les gens que je connais qui ont été en poste au Burundi parlent tous avec enthousiasme de la chaleur des gens et du potentiel de ce pays.

Nous voudrions donc être optimistes. Nous surveillerons la situation très attentivement. Je ne peux pas encore dire à ce stade que tout ira bien. Nous avons tout simplement beaucoup d’espoir et nous verrons ce qui se passera à partir de mardi, mais en attendant, nous suivrons de très près le contexte des élections. À vous.

BROWN :Jessica Donati du Wall Street Journal.

QUESTION : (Pas de réponse.)

BROWN :Jessica, allez-y.

QUESTION : (Pas de réponse.)

BROWN :Bon. Je n’entends rien. Essayons Barbara Usher.

OPÉRATEUR : Un moment.

QUESTION : C’est pour moi ? Barbara à l’appareil.

OPÉRATEUR : Barbara, votre ligne est ouverte.

QUESTION : Merci. Bonjour. Je me demandais si le département d’État dispose d’une évaluation et/ou d’une projection en ce qui concerne la COVID-19 en Afrique. Je sais que c’est une vaste question, mais de façon générale, ce que j’ai relevé, c’est qu’il y a beaucoup moins de cas – de cas confirmés qu’ailleurs, mais des prédictions désastreuses qu’ils pourraient connaître une explosion. Avez-vous une opinion à ce sujet ?

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT NAGY : Merci beaucoup, Barbara. Eh bien, il s’agit là d’une autre de ces questions vraiment difficiles, et voici la situation : bien sûr, vous savez à quel point l’Afrique subsaharienne est immense avec ses 51 pays et – mais il y a quelques points communs que je peux souligner, et ils ont des effets en quelque sorte contradictoires. Tout d’abord, l’Afrique est encore majoritairement rurale. Je pense que le taux d’urbanisation est jusqu’à présent d’environ 40 % – certains pays sont beaucoup plus urbanisés que d’autres, par exemple l’Afrique du Sud.

Le deuxième point, c’est que la population africaine est incroyablement jeune. Ceux d’entre nous qui vivent dans des endroits comme les États-Unis ne peuvent probablement pas pleinement apprécier toute la jeunesse de la population africaine.

Troisième point: à peu près tout le monde en Afrique, malheureusement, a très probablement eu une maladie grave quelconque, que ce soit le paludisme ou la dysenterie, pour ne nommer que ceux-là. Donc, ces facteurs jouent en quelque sorte les uns contre les autres, puis vous ajoutez à cela le manque de très bonnes données. Encore une fois, il s’agit d’un continent immense avec un grand nombre de pays différents, il y a quelques pays – par exemple, l’Afrique du Sud – qui ont de très bonnes statistiques et mesures de données, et puis il y en a d’autres. Nous venons de parler de la Tanzanie, qui a totalement cessé de fournir des données. Donc, quand vous n’avez pas accès aux – certainement au nombre de kits de test, aux systèmes de santé ou aux données fondamentales, vous ne savez tout simplement pas. C’est donc anecdotique.

Nos ambassades sur l’ensemble du continent – je reçois littéralement des rapports quotidiens en provenance de toutes les ambassades sur ce qui se passe là où elles se trouvent, et même certains de leurs chiffres semblent être extrêmement bas. Et vous vous dites : « Ce n’est tout simplement pas possible ». Mais vous compliquez ensuite la situation avec la question de la distanciation sociale. Je veux dire que dans le monde développé, nous – oui, il y a eu des difficultés et tout, mais la distanciation sociale, pour l’essentiel, a relativement bien fonctionné.

En Afrique, où de larges segments de la population vivent littéralement au jour le jour et évoluent dans l’économie informelle, et s’entassent dans des bidonvilles urbains, il n’y a tout simplement aucun moyen de mettre en œuvre des mesures de distanciation sociale quelconques sérieuses, en particulier à long terme. Donc, très rapidement, ces activités reviendront à ce qu’ils sont toujours contraints de faire, parce que si vous devez choisir entre la possibilité de contracter le virus de la COVID ou de ne pas manger ou de ne pas avoir d’eau potable fraîche, c’est – malheureusement ce n’est pas un choix très difficile à faire.

Donc, étant donné tous ces facteurs, je ne pense pas que quiconque puisse vous dire de manière certaine ce qu’est la situation sur le continent. On en a une assez bonne idée en Afrique du Sud et dans quelques autres pays. Par exemple, je pense que cela fait maintenant des semaines qu’ils n’ont pas eu de nouveau cas aux Seychelles. Mais les Seychelles – encore une fois, un pays à revenu intermédiaire, relativement développé, des nations insulaires qui peuvent contrôler les entrées et les sorties beaucoup plus facilement qu’un grand pays qui – aux frontières poreuses. Je veux dire, regardez simplement les pays sahéliens. Chacun d’entre eux a environ deux fois la taille de l’État du Texas, et les frontières ne sont certainement pas strictement contrôlées. C’est donc une question très difficile. Nous ne pouvons que nous fier à nos éléments d’information anecdotiques, et nos ambassades vont continuer à nous communiquer les meilleures informations dont elles disposent localement. À vous.

BROWN :D’accord. Essayons une nouvelle fois de joindre Jessica Donati du Wall Street Journal. Je pense qu’il est possible qu’elle figure sous le nom de Beth Donati dans votre liste d’attente.

QUESTION : Pouvez-vous m’entendre ?

QUESTION : Oui, ça marche.

QUESTION : D’accord génial. Je vous remercie. Je me demandais simplement si vous pouviez parler des rapatriements qui sont toujours en cours en Afrique et des pays qui rapatrient toujours des Américains. Et avez-vous des difficultés à obtenir la coopération des gouvernements ?

Et une question sans lien avec le coronavirus sur le Soudan, plus d’un an s’est écoulé et il n’y a toujours pas de conseil de transition militaire et il n’y a pas de gouverneurs civils, et nous nous demandions si vous perdiez confiance dans l’engagement des militaires en faveur la transition. Je vous remercie.

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT NAGY : D’accord. Deux très bonnes questions. Parlons d’abord du Soudan. En fait, non, ce n’est pas une transition facile. Je suis très honnête quand je parle du Soudan et encore plus du Soudan du Sud. Je veux dire, la transition a été un château de cartes du fait de la situation préalable. Nous parlons à tout le monde. Nous pensons que tout le monde, particulièrement les dirigeants, est bien intentionné. Ils ont leurs propres coalitions, que ce soit les civils avec le premier ministre ou les militaires avec les dirigeants militaires, avec Burhan. Ils ont leurs propres factions à gérer et ils se fixent des objectifs assez ambitieux, et, ce qui est compréhensible, ils ont du mal à atteindre certains d’entre eux.

Nous dialoguons étroitement avec le Soudan. Nous avons eu des entretiens téléphoniques avec les dirigeants soudanais au plus haut niveau du département d’État. Notre envoyé spécial, l’ambassadeur Don Booth, est continuellement en relation avec eux sur toute la gamme des questions, qu’il essaie de trouver une solution pacifique aux conflits internes qui demeurent, qu’il essaie d’obtenir le soutien du gouvernement de transition dirigé par des civils, qu’il essaie d’aider les civils en eux-mêmes à trouver des mécanismes pour former l’assemblée transitoire et d’autres choses. Donc, pour répondre à votre question, je veux dire que chaque jour qui passe alors que le système fonctionne, c’est comme ajouter une autre carte pour construire ce château.

Mais la COVID nous a vraiment asséné un coup de massue, comme cela a été le cas pour un certain nombre de nos pays en Afrique, et pour notre pays également. Donc, avec tous les problèmes auxquels ils ont dû faire face, et ensuite la COVID qui vient s’y ajouter, c’est – c’est un énorme, énorme défi pour eux. Mais je peux dire que la communauté internationale, je crois, est aussi solidaire que possible.

En ce qui concerne les rapatriements depuis l’ensemble du continent, encore une fois, je dois dire que c’est un – comme je l’ai fait en ce qui concerne la question générale de la COVID sur l’ensemble du continent, la situation varie considérablement d’un pays à l’autre. Les évacuations de citoyens américains se sont passées de manière extraordinaire. Je crois qu’il y en a déjà eu plus de 14 000. Il est possible qu’il en reste un ou deux milliers dispersés sur tout le continent. Mais nous sommes maintenant passés de très gros vols, avec plusieurs centaines de personnes provenant d’une même destination à bord, à des vols avec de multiples escales pour embarquer quelques personnes à chaque arrêt.

Et vous qui travaillez pour – avec l’Afrique, vous savez, encore une fois, qu’il est impossible de décrire à quel point le continent est immense. Donc, si vous faites une de ces « courses » entre guillemets qui peuvent commencer quelque part en Afrique de l’Est, faire un saut au centre, aller au sud, retourner à l’ouest, pour revenir aux États-Unis, on parle d’une logistique très, très compliquée. Je veux dire, je tire mon chapeau à nos ambassades incroyables, qui ont fait cela avec un personnel réduit, avec le soutien du quartier général ici au département d’État, le bureau du Management, les services médicaux, notre propre bureau du directeur exécutif, et puis un certain nombre de compagnies aériennes. Et parmi les compagnies aériennes africaines, je dois citer en particulier Ethiopian Airlines. Ils ont été phénoménalement, phénoménalement serviables et disposés à aider en affrétant leur avion pour aller chercher nos citoyens où qu’ils se trouvent.

C’est donc un effort incroyable. Je m’en réjouis vraiment. Au cours de mes plus de 40 années au service du gouvernement, je n’ai jamais participé à une telle entreprise, et je n’ai jamais été aussi fier de nos employés à tous les niveaux, du personnel ici au département d’État mais de celui de nos ambassades, en particulier – en particulier – dans les petites ambassades qui se sont chargées de ces rapatriements dans des circonstances extrêmement difficiles.

Et je tire également mon chapeau aux gouvernements africains. Je parlerai cet après-midi à tous les diplomates africains à Washington, et les gouvernements africains se sont montrés extraordinairement coopératifs. Et il ne s’agit pas seulement de dire oui, nous laisserons votre avion venir chercher X citoyens, mais comme je l’ai dit, ces avions doivent suivre des routes compliquées, ce qui implique également d’obtenir des autorisations de survol de tous les pays concernés. Et nous leur demandons de faire cela littéralement en quelques heures, pas en quelques jours. Et ce sont aussi des ministères des Affaires étrangères qui ne sont pas dotés en personnel ou des gens qui essayent de le faire de chez eux.

Cela a donc été un effort tout simplement incroyable. J’en suis tellement fier, tant de personnes différentes se sont occupées de nos citoyens. Je veux dire, nous devons nous rappeler que c’est la raison d’être du département d’État en premier lieu. C’est de s’occuper des citoyens américains à l’étranger, et cela reste notre première, deuxième, troisième, quatrième priorité. À vous.

BROWN :D’accord. Nous avons le temps de répondre à encore une question rapide, donc Humeyra, allez-y.

QUESTION : Bonjour. Je vous remercie. Pouvez-vous – je sais que vous avez dit qu’il s’agissait des contours d’un accord, mais pouvez-vous donner des détails sur les sommes qu’ils devront payer, ou du moins sur la base sur laquelle ces calculs seront effectués ?

Et ma deuxième question est la suivante : Nous comprenons qu’il y a des Soudanais envoyés pour se battre pour Haftar, en Libye. Ils ont été initialement déployés au Yémen par les Émirats arabes unis, et il semble maintenant qu’ils soient expédiés en Libye pour aider Haftar. Qu’en pensent les Américains, s’il vous plaît ? Merci.

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT NAGY : D’accord, je ne peux pas beaucoup vous aider pour ce qui est de la première partie, car, évidemment, ce genre de détails, qui sont en cours de détermination et feront partie de l’accord global sur les demandes – nous ne sommes pas – nous avons discuté, évidemment, de chiffres avec les parties concernées, mais nous ne pouvons en aucun cas encore les rendre publics. Comme je l’ai dit – et je fais très attention à ma formulation à ce propos – nous sommes parvenus à une entente commune avec le Soudan sur les contours d’un futur accord bilatéral sur les demandes, et j’en resterai là.

En ce qui concerne la possibilité de la présence de combattants Soudanais en Libye, nous nous sommes entretenus avec le gouvernement soudanais sur cette même question. Le gouvernement soudanais nous dit qu’il n’y a aucun agent soudanais à quelque titre que ce soit en Libye. Sachez que nous continuons d’examiner cette question et que nous poursuivons nos discussions à ce sujet. Voilà.

QUESTION : D’accord. Merci. Secrétaire adjoint Nagy, je vous remercie pour toutes ces informations aujourd’hui. Et pour tous ceux se sont connectés à l’appel en cours, cet appel est terminé et le contenu ou l’embargo sur le contenu est levé. Passez tous une bonne journée. Très bien.

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT NAGY : Merci beaucoup, Cale.

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Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.