Allocution du secrétaire Tillerson à la réunion ministérielle sur le commerce, la sécurité et la gouvernance en Afrique

Département d’État des États-Unis
Bureau du porte-parole
Pour diffusion immédiate
Le 17 novembre 2017

 

 Allocution du secrétaire d’État Rex Tillerson
À la réunion ministérielle sur le commerce, la sécurité et la gouvernance en Afrique

Je vous remercie, bonjour tout le monde. Je suis tout à fait honoré de pouvoir vous souhaiter la bienvenue au département d’État ce matin. Et nous sommes reconnaissants de voir tant d’amis, tant de partenaires des États-Unis. Je vous remercie d’avoir fait ce voyage pour être parmi nous pour cet événement.

J’avais hâte d’organiser cette réunion ministérielle qui accueille des dirigeants du continent pour gérer ensemble nos objectifs communs. J’ai discuté avec le  président de l’Union africaine hier soir, je n’ai pas encore eu la possibilité, en tant que secrétaire d’État, d’aller sur le continent, mais lors de mes fonctions précédentes, je me suis souvent rendu en Afrique et ai visité beaucoup de vos pays. Mais je me réjouis d’y retourner bientôt : j’ai prévu un voyage en Afrique au début de l’année prochaine, mais en fait je ne voulais pas attendre aussi longtemps pour réunir votre groupe. Donc, j’avais hâte d’organiser cette réunion ministérielle. Nous vous remercions beaucoup d’être venus pour parler de nos défis, de nos buts communs, et nous aurons une journée très chargée de discussions, pour savoir comment nous pouvons travailler ensemble pour réaliser ces buts partagés.

Je sais que nous suivons tous de très près les événements au Zimbabwe, et ce sont des préoccupations pour vous tous, ce sont des préoccupations pour nous aussi, nous devons tous travailler ensemble pour que le gouvernement civil revienne au pouvoir dans ce pays, bien sûr en conformité avec la constitution.

Le Zimbabwe a une possibilité maintenant de se tracer une nouvelle voie – basée sur des élections démocratiques et le respect des droits de l’homme. En fin de compte, c’est le peuple du Zimbabwe qui doit décider de son gouvernement. Lors de nos discussions aujourd’hui, nous aurons une possibilité de discuter de modalités concrètes qui nous permettraient de les aider à opérer cette transition.

Notre but aujourd’hui est d’élargir et d’enrichir la relation des États-Unis avec l’Afrique, sur trois fronts dont nous allons discuter aujourd’hui : la promotion du commerce et de l’investissement, l’encouragement de la bonne gouvernance et la lutte contre le terrorisme.

Permettez-moi brièvement d’exprimer comment ces questions vont nous permettre de renforcer nos relations et nos liens au cours des décennies à venir.

Tout d’abord nous allons commencer avec des discussions pour voir comment nous pouvons élargir le commerce, l’investissement et les opportunités économiques pour le bien-être des peuples des États-Unis et d’Afrique.

Le commerce et l’investissement des États-Unis et de l’Afrique sont en croissance. Les exportations américaines vers les pays d’Afrique subsaharienne sont passées de 17 milliards de dollars en 2010 à plus de 25 milliards de dollars en 2014. Et l’année passée, les investissements directs américains en Afrique sont passés à 57,5 milliards de dollars – le chiffre le plus élevé de toute l’histoire.

Notre commerce et notre investissement sont plus forts que jamais et les États-Unis voient encore plus d’opportunités au cours des années à venir.

L’Afrique est un marché croissant, avec beaucoup de potentiel. Cinq des dix économies en plus forte croissance du monde sont en Afrique, et la dépense des consommateurs devrait dépasser 2 mille milliards de dollars d’ici 2025.

D’ici 2030, l’Afrique devrait représenter environ un quart de la main-d’œuvre mondiale et des consommateurs du monde, avec une population de plus de 1,7 milliard. D’ici 2050, la population du continent devrait doubler, soit plus de 2,4 milliards d’habitants, dont 70 % de moins de 30 ans. Tous ces jeunes vont entrer dans la vie active avec des attentes. Le défi consiste à préparer l’Afrique, avec une bonne éducation pour sa main-d’œuvre et pour préparer le continent pour cet avenir, pour que notre partenariat puisse promouvoir davantage de croissance et de prospérité, à la fois pour États-Unis et l’Afrique.

Cette administration cherche à recentrer nos relations économiques sur le commerce et sur l’investissement afin d’encourager des politiques d’ouverture et de concurrence au sein même de l’Afrique.

Une Afrique plus dynamique économiquement et plus compétitive donnera lieu à une croissance de la classe moyenne, améliorera le niveau de vie et fera en sorte que tout le continent soit plus prospère.

Je suis également heureux de saluer la présence ici de l’administrateur de l’USAID, Mark Green, et j’ai hâte d’entendre ses commentaires sur cette question bientôt. Nous nous réjouissons également d’entendre les discussions des acteurs du secteur privé, qui sont tout à fait désireux de connaître vos points de vue et vos priorités en matière de commerce et d’investissement. Grâce à Power Africa, par exemple, les États-Unis et ses partenaires ont aidé le secteur privé à créer 82 centrales électriques en Afrique subsaharienne.

Mais la croissance économique et la prospérité durable ne peuvent se développer que dans des environnements de bonne gouvernance.

C’est pourquoi nous allons parler, durant le déjeuner, pour voir comment la réussite d’un pays est ancrée dans la bonne gouvernance, avec des relations responsables entre les citoyens et les élus, comment cela est le moteur du progrès économique et comment cela améliore globalement la sécurité.

Une paix durable et une croissance économique sont plombées lorsque les gouvernements n’offrent pas la bonne gouvernance, le respect des droits de l’homme ou le respect de l’état de droit.

Les transitions pacifiques et démocratiques sont importantes et contribuent à la stabilité. Mais la démocratie, ce n’est pas que les élections. Les élections ne sont même pas la première et la seule étape de la longue voie vers la construction de démocraties solides.

La démocratie nécessite une participation inclusive des citoyens dans le processus politique d’un pays. Cela comprend la liberté d’expression, la liberté de se réunir, une presse indépendante, une société civile robuste et engagée, un gouvernement qui est transparent et redevable envers tous ses citoyens, et également un appareil judiciaire équitable et impartial. La corruption, la faible gouvernance, les restrictions à l’encontre des droits de l’homme et de la société civile, et les autorités qui ignorent l’état de droit et qui changent les constitutions pour des bénéfices personnels, tout cela constitue des obstacles à des sociétés libres et prospères. En fait, une étude de l’Union africaine a estimé que la corruption coûte au continent environ 150 milliards de dollars par an.

Ça, c’est de l’argent qui devrait être utilisé pour créer des emplois, créer des écoles et des hôpitaux, améliorer la sécurité et assurer des services sociaux.

Une éducation de base de qualité est un autre facteur contribuant à la croissance économique et au développement. Cela réduit la pauvreté et permet aux enfants et aux jeunes de se doter des compétences nécessaires pour trouver du travail. Nous avons travaillé avec vous pour renforcer les capacités de vos systèmes d’éducation nationale, pour offrir une éducation de qualité à davantage de personnes. Et nous allons poursuivre ces partenariats pour nous attaquer aux problèmes d’illettrisme, de manque d’enseignants et pour permettre un meilleur accès à l’éducation sur tout le continent.

Nous encourageons nos homologues africains à s’attaquer à tous ces problèmes de gouvernance, et ce faisant, à libérer le potentiel de développement de vos pays. Nous avons hâte de parler aujourd’hui de moyens spécifiques pour renforcer la démocratie et promouvoir une meilleure gouvernance, durant nos discussions.

Les États-Unis sont également prêts à travailler avec vous pour lutter contre le fléau du terrorisme et de l’extrémisme violent qui ont emporté tant de vies humaines en Afrique et dans le monde entier. Cela constituera notre dernier sujet de discussion aujourd’hui.

Nous sommes très reconnaissants du travail accompli par les pays d’Afrique pour élargir les coopérations multinationales et régionales pour lutter contre le terrorisme. Les États-Unis s’engagent à être vos partenaires pour vaincre Daech, Al-Qaïda et les autres groupes terroristes sur tout le continent.

Le mois dernier, j’ai annoncé que les États-Unis avaient promis plus de 60 millions de dollars supplémentaires pour financer la force conjointe du G5 Sahel pour lutter contre le terrorisme et pour aider nos partenaires régionaux dans leur lutte pour assurer la stabilité et la paix.

Les États-Unis sont le premier pays contributeur du partenariat de renforcement des capacités. Nous aidons plus de 20 pays à former et à déployer des forces de maintien de la paix. Cette année, ces efforts ont déjà permis de former plus de 27 000 soldats africains de maintien de la paix pour les missions de l’Union africaine et de l’ONU.

Mais nous savons que tout ceci ne suffit pas, les armes ne suffisent pas.

Nous devons impérativement travailler ensemble pour renforcer la société civile, pour attaquer les causes fondamentales de l’extrémisme violent. Pour créer une paix durable, nous devons également lutter contre la marginalisation, nous devons renforcer la redevabilité et créer davantage d’opportunités économiques.

Avant de conclure, permettez-moi de souligner que les États-Unis cherchent davantage de soutien auprès de nos partenaires africains pour les questions de sécurité mondiale, y compris la Corée du Nord.

Nous saluons les déclarations qui condamnent les lancements de missiles de la Corée du Nord, qui ont déjà été faites par nombre de vos gouvernements. Mais tous les pays doivent œuvrer pour mettre en œuvre totalement les sanctions de l’ONU et couper tous les liens proscrits par l’ONU.

De plus, je vous enjoins de prendre des mesures supplémentaires pour faire pression sur la Corée du Nord, en réduisant vos relations diplomatiques avec ce régime, en coupant les liens économiques, en expulsant tous les ouvriers nord-coréens, en réduisant la présence nord-coréenne dans votre pays – et tous les autres moyens qui pourraient être utiles.

La Corée du Nord représente une menace pour tous nos pays. Nous tous, y compris chacun de vos pays représentés ici, nous devons tous jouer un rôle dans le cadre de cette campagne de pression pacifique pour convaincre la Corée du Nord qu’en fait le seul moyen d’obtenir une véritable sécurité et le respect de la communauté internationale, c’est d’abandonner sa voie actuelle et de chercher une voie de dialogue porteur de sens, pour un avenir meilleur et différent.

Les États-Unis vont continuer de soutenir vos efforts pour assurer la sécurité de vos citoyens, pour renforcer vos institutions, avoir une meilleure gouvernance et promouvoir une meilleure croissance économique dans chacun de vos pays.

J’ai véritablement hâte de passer ces moments en votre compagnie aujourd’hui, pour savoir comment vous-même travaillez pour gérer ces problèmes et comment nous pouvons apprendre, auprès de vous, pour renforcer ce partenariat qui est déjà extrêmement fructueux.

Je vous remercie.

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