Allocution à l’Assemblée générale de l’ONU à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite tran

Mission des États-Unis auprès des Nations unies
Ambassadrice Nikki Haley, représentante permanente des États-Unis auprès des Nations unies
Allocution à l’Assemblée générale de l’ONU à l’occasion de la Journée internationale de commémoration
des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves
New York
Le 26 mars 2018

 

(Telle que préparée)

 

Merci beaucoup, M. le président.

Nous sommes rassemblés ici aujourd’hui pour commémorer une période indigne et brutale de l’histoire mondiale. Nous commémorons les plus de dix millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont perdu la vie et la dignité à cause de la traite transatlantique des esclaves. Les rares messages d’espoir qui nous parviennent de cette époque terrible sont les histoires des hommes et femmes courageux qui se sont battus pour leur liberté et ont pu arracher ce droit. Certains d’entre eux ont fait le sacrifice ultime, mourant esclave, pour que d’autres puissent vivre dans la liberté.

Nous ne pouvons pas changer ce douloureux volet de notre histoire, mais nous pouvons en tirer des enseignements en nous souvenant de ces personnes remarquables. Nous nous souvenons d’Elizabeth Freeman, la première esclave afro-américaine qui a porté plainte pour obtenir sa liberté – et qui a gagné – devant un tribunal du Massachusetts en 1780. Ce qui l’a inspirée dans ce combat pour sa liberté, c’est d’entendre la famille aisée qu’elle servait discuter de la Déclaration des droits. Décrivant sa vie en captivité, Elizabeth a déclaré : « (…) Si une minute de liberté m’avait été offerte, et même si on m’avait dit que je devais mourir à la fin de cette minute, je l’aurais prise – juste pour pouvoir, pendant une minute, me tenir [sur la terre] de Dieu, moi, une femme libre. »

Deux cents ans plus tard, la douleur d’Elizabeth résonne encore dans la chair de toute personne convaincue qu’être libre est un droit inaliénable. Elizabeth a remporté sa liberté, mais la plupart des esclaves ont dû encore attendre 83 ans pour que le président Lincoln publie la Proclamation d’émancipation. Et même alors, le chemin a été encore très long avant que les Afro-américains puissent participer pleinement au rêve américain. C’est seulement dans les années 1960 – pas si loin de nous – que les descendants d’esclaves ont obtenu l’égalité devant la loi. Et ce combat continue. Dans les paroles d’Elizabeth, à travers son exemple, nous trouvons l’inspiration pour protéger les gains de la liberté durement acquis et pour poursuivre notre tâche : éradiquer la haine et la discrimination.

La semaine prochaine, nous commémorerons le 50e anniversaire de l’assassinat du Dr. Martin Luther King Jr. En 1963, lorsque le Dr. King était détenu à Birmingham, en Alabama, il a écrit sur le combat pour les droits civiques qu’il menait dans mon pays. De sa cellule, il écrivait : « Si les ineffables cruautés de l’esclavage ne nous ont pas arrêtés, alors l’opposition que nous affrontons aujourd’hui ne pourra pas y arriver. Nous gagnerons notre liberté parce que dans nos revendications actuelles, sont incarnés l’héritage sacré de notre nation et la volonté éternelle de Dieu. » Il avait raison. Les progrès que nous avons réalisés depuis que le Dr. King a rédigé ces lignes me tiennent particulièrement à cœur, moi qui ai été gouverneure de la Caroline du Sud. Les liens tourmentés que mon État a entretenus par le passé avec l’esclavage et la discrimination sont bien connus et les enseignements que nous pouvons en tirer, bien vivants. Quiconque connaît la Caroline du Sud sait à quel point les choses ont progressé, et nous utilisons ces enseignements pour avancer, en tant que peuple.

Alors, même si nous sommes fiers de ce que nous avons mené à bien, nous n’oublions pas le cheminement long et ardu qui nous a menés là où nous sommes. C’est pourquoi les États-Unis ont contribué au financement du Mémorial permanent en souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves. Et c’est pourquoi la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine est si importante. Ces initiatives nous rappellent la tâche qui nous incombe afin de vaincre l’esclavage et les inégalités, afin d’éradiquer la discrimination sous toutes ses formes.

Elles nous donnent des exemples à suivre, comme Elizabeth Freeman, pour guider nos efforts. Elizabeth Freeman est morte libre en 1829. On m’a dit qu’on pouvait toujours voir sa pierre tombale, dans un vieux cimetière de Stockbridge dans le Massachusetts. On y lit entre autres : « Née esclave, elle est restée esclave pendant près de 30 ans. Elle ne savait ni lire ni écrire, mais dans son domaine à elle, personne ne pouvait l’égaler. »

Je souhaite que nous allions de l’avant pour bâtir un monde plus libre et plus inclusif, éclairés par les leçons de l’histoire et inspirés par l’exemple de personnes extraordinaires comme Elizabeth Freeman.

Je vous remercie.