Comment la bonne gouvernance et le respect des droits de l’homme peuvent aider à vaincre le terrorisme en Afrique

 

Comment la bonne gouvernance et le respect des droits de l’homme peuvent aider à vaincre le terrorisme en Afrique
Par Daniel J. Murphy
Le 28 mars 2018

 

L’extrémisme violent est en hausse en Afrique. Le nombre d’événements violents liés aux groupes extrémistes africains a augmenté de plus de 16 % en 2017. Tout au long de l’année, des groupes comme Boko Haram, les Chabab, Daech et AQMI ont terrorisé les populations civiles, sapé l’efficacité des États et menacé les intérêts américains.

La montée de l’extrémisme violent n’est aussi dévastatrice ailleurs que dans la région africaine du Sahel. Cette zone arbustive semi-aride au sud du désert du Sahara abrite des organisations extrémistes violentes qui se nourrissent de la marginalisation communautaire, du manque de présence de l’État, ainsi que du manque de responsabilisation des forces de sécurité en cas de violations des droits de l’homme et des abus commis pour recruter des partisans vulnérables.

Je me suis récemment rendu au Sahel où j’ai pu voir de mes propres yeux comment le terrorisme menace de déstabiliser des sociétés entières. La barbarie de ces terroristes est manifeste dans la manière dont ils traitent les civils. Depuis janvier 2018, par exemple, plus de 40 civils, dont des hommes, des femmes et des enfants, ont été tués par des engins explosifs improvisés dans le centre du Mali. Les terroristes ont recours à la violence sans discernement : tous, civils comme soldats, sont touchés.

Le terrorisme et l’extrémisme violent infligent des souffrances incommensurables aux communautés extrêmement vulnérables et marginalisées. Ces attaques ne sont que les dernières en date d’une série de violations des droits de l’homme commises par les organisations extrémistes violentes au Mali, qui comprennent également des attaques contre les Casques bleus, l’enlèvement et le meurtre de civils et la restriction de pratiques traditionnelles.

Lors de mon séjour, des représentants de la société civile et de l’État, ainsi que des bailleurs de fonds internationaux ont tous clairement fait ressortir un fait : les interventions militaires ne peuvent à elles seules vaincre le terrorisme. Nous devons continuer à travailler avec nos partenaires au sein des administrations publiques, de la société civile et des communautés locales pour mettre en œuvre une approche holistique qui s’attaque aux facteurs locaux sources de l’extrémisme violent, notamment la mauvaise gouvernance, le manque d’imputabilité des violations des droits de l’homme et la marginalisation.

Les violations des droits de l’homme par les forces de sécurité constituent l’un des principaux facteurs de l’extrémisme violent en Afrique. Le programme des Nations unies pour le développement a constaté que 71 % des extrémistes violents interrogés ont cité le meurtre ou l’arrestation par les autorités publiques d’un membre de leur famille ou d’un ami comme « point de basculement » qui les a amenés à rejoindre une organisation extrémiste violente. Nous savons également que les démocraties qui sont réactives face à leurs citoyens, respectent les libertés civiles, protègent les droits de l’homme, favorisent l’état de droit et protègent les minorités, sont beaucoup moins susceptibles de subir le terrorisme.

Le bureau chargé de la Démocratie, des Droits de l’homme et du Travail du département d’État joue un rôle central dans la lutte contre le terrorisme en aidant nos partenaires à relever ces défis et saisir ces opportunités. En ayant recours à la fois à la diplomatie et aux programmes, ce bureau aide les administrations publiques et la société civile à identifier et à atténuer les facteurs liés à l’extrémisme violent dans le domaine de la gouvernance et à en juger les responsables. Le bureau collabore avec les pays partenaires pour améliorer la capacité, la légitimité et la reddition de comptes des États. Nous travaillons également avec les communautés locales pour améliorer leur résilience et prévenir le recrutement de terroristes.

En soutenant des valeurs américaines fondamentales telles que la bonne gouvernance et le respect des droits de l’homme, le bureau chargé de la Démocratie, des Droits de l’homme et du Travail promeut ainsi les intérêts américains essentiels, tels que la défaite du terrorisme mondial. Les États-Unis continueront à travailler avec leurs partenaires pour élaborer et mettre en œuvre des approches holistiques qui s’attaquent aux principaux facteurs de l’extrémisme violent. La bonne gouvernance et le respect des droits de l’homme seront toujours des armes essentielles dans cette lutte contre le terrorisme.

À propos de l’auteur : Daniel J. Murphy est diplomate au bureau chargé de la Démocratie, des Droits de l’homme et du Travail rattaché au bureau des Affaires africaines.