Investir dans un avenir meilleur pour le Sénégal

Par Elizabeth Littlefield

Cette semaine, un groupe d’investisseurs américains et africains de haut niveau se rendra avec moi à Abidjan et à Dakar. Ce voyage d’investisseurs est le premier de plusieurs autres prévus dans la région.

Collectivement, nous allons apporter des ressources financières, des réseaux qui transcendent des secteurs de l’industrie et les frontières régionales, et un solide bilan des projets de développement réussis qui créent des emplois et de la croissance économique.

Cependant, peut-être que l’élément le plus important de ce que nous allons apporter, c’est notre message.

Nous propagerons notre solidarité avec le peuple et notre confiance en l’avenir économique prometteur de l’Afrique de l’Ouest afin d’attirer d’autres investisseurs du monde entier.

Notre confiance se manifeste dans la décision de mon agence, l’Overseas Private Investment Corporation (OPIC) — l’Organisation américaine pour des investissements à l’étranger — d’ouvrir officiellement un nouveau bureau à Abidjan.

Ceci est notre investissement clair et concret dans l’avenir de la région.

Nous prenons cette étape, en partie, pour reconnaître des progrès. Le Sénégal, le Bénin, le Togo et la Côte d’Ivoire se sont récemment classés dans le top 10 des nations, non seulement en Afrique sub-saharienne, mais dans le monde entier, sur la base du nombre de réformes favorables aux investissements. Cette dynamique encourage la croissance pour ce marché de 300 millions de personnes en Afrique de l’Ouest.

Quand je vivais en Afrique de l’Ouest il y a près de 25 ans, ma ville n’avait pas d’eau courante, pas de routes pavées, de l’électricité par intermittence et, bien sûr, pas de lignes téléphoniques fixes et encore moins de téléphones portables et d’ordinateurs. L’aide étrangère, plutôt que l’investissement étranger direct, était une caractéristique dominante des économies.

Et maintenant, 25 années plus tard, les investissements étrangers directs en Afrique ont augmenté de 800 pour cent.

Les nations africaines sont régulièrement en tête de listes des pays faisant des réformes favorables aux investisseurs. Au cours des deux dernières années, l’Afrique s’est classée au premier rang mondial dans le nombre de réformes adoptées.

Les économies africaines croissent maintenant de 30 pour cent plus rapidement que le reste du monde.

Lorsque des nations commencent à faire des efforts pour ouvrir la voie à des investisseurs privés, l’OPIC peut utiliser ses propres outils pour aider à stimuler et à encourager l’investissement. Nous fournissons des prêts à long terme, des garanties de prêt et l’assurance contre les risques politiques pour les investisseurs du secteur privé, grandes et petites. En tant qu’agence de développement, nous sélectionnons les investissements qui ont un impact positif, un développement durable sur la vie des peuples.

Par exemple, l’OPIC est un bailleur majeur pour le projet électrique de Cap des Biches, une initiative de haute priorité qui fournira de l’électricité à plus de 100 000 Sénégalais.

Sous l’administration du président Obama, l’OPIC a fait de l’Afrique une priorité majeure.

Nos engagements financiers pour des projets du secteur privé en Afrique sont passés de un chiffre à près de 40 pour cent de notre portefeuille financier de l’an dernier. Cumulativement, près d’un quart des 20 milliards de dollars de notre portefeuille est désormais investi sur le continent.

J’ai vu comment nos financements de divers projets — qui vont d’écoles privées, de postes de santé et d’énergie renouvelable de petite échelle, à la réhabilitation de ports, de centrales électriques, d’eau et d’assainissement — ont créé des emplois et amélioré des vies. A importance égale, la performance financière de ces projets continue d’être au moins aussi bien, sinon mieux, que la performance de nos investissements dans d’autres régions.

Quel type d’investisseurs les pays d’Afrique de l’Ouest devraient-ils cibler? Nous pensons que les investisseurs que nous amenons à Dakar ont toutes les caractéristiques que l’Afrique occidentale devrait chercher. Ils sont prêts à travailler avec des partenaires locaux. Ils ont une expérience profonde. Ils ont fait leurs preuves. Ils ont un engagement envers l’investissement responsable. En bref, ils ont à cœur les meilleurs intérêts pour le Sénégal.

Les pays et les villes dans l’économie mondiale rivalisent intensément pour avoir de tels investisseurs. Ils veulent attirer ces investisseurs parce qu’ils savent que, lorsque les projets réussissent, des emplois de haute qualité, la croissance économique et l’innovation suivent. Cependant, ces compétitions ne peuvent pas être gagnées avec des cartes de visite, des brochures en papier glacé et de l’hospitalité. Elles sont gagnées par la transparence fiable dans les procédures du secteur public, une application cohérente et équitable des règles et règlements, et le renforcement de contrats efficients et efficaces. Ces aspects sont essentiels.

La convergence que nous voyons entre des gouvernements réformateurs d’une part, et des entreprises mondiales responsables à la recherche de marchés, d’autre part, est très passionnante. C’est source d’optimisme.

Lorsque nous pouvons apporter de la technologie innovante, du financement de pointe et de la gestion de classe mondiale de grandes sociétés américaines ainsi que le dynamisme, le potentiel et la croissance inexploités de l’Afrique de l’Ouest, nous pouvons faire beaucoup plus que d’envisager un avenir meilleur. Nous pouvons le construire ensemble.

* L’auteur, Mme Elizabeth Littlefield, est la présidente du conseil d’administration et présidente directrice générale de l’Organisation américaine pour les investissements à l’étranger (OPIC – Overseas Private Investment Corporation).