Lancement de Suxali Jigeen (USAID) – Allocution de Son Excellence Docteur Tulinabo Mushingi, 9 juillet 2018

Allocution de Son Excellence Docteur Tulinabo Mushingi, Ambassadeur des Etats-Unis
Lancement de Suxali Jigeen (USAID)
Lundi 9 juillet 2018 – 10h30

 

(Telle que préparée)

 

Monsieur le Préfet du Département de Thiès,
Messieurs les Sous-préfets,
Monsieur le Représentant du Khalife Général de Thiénaba,
Messieurs les Maires et Haut Conseillers départementaux,
Messieurs les chefs de village,
Chers invités,
Mesdames, Messieurs,

 

C’est un plaisir pour moi d’être ici avec vous aujourd’hui et d’en apprendre davantage sur tout ce que ce formidable groupe de femmes, l’Association Rurale de Lutte Contre le Sida, a pu accomplir. J’ai été impressionné par la passion qui anime ces femmes et par la vision qui les habite : bâtir une société plus juste, plus égalitaire et plus inclusive au Sénégal.

Cela n’a pas été une tâche facile. Lorsqu’elles ont commencé, beaucoup de gens ont pensé que ce serait impossible. Mais cela me rappelle ce que Nelson Mandela avait dit, alors qu’il s’efforçait de remodeler l’Afrique du Sud et de la rendre plus égalitaire et plus inclusive : cela parait toujours impossible, jusqu’à ce que ce soit fait!

Depuis le début, l’Association s’est efforcée de soutenir les femmes en contribuant à améliorer leurs vies. Tout d’abord, il s’agissait d’aider les femmes vivant avec le VIH à retourner dans leurs communautés. Mais bientôt, elles se sont attelées à d’autres problèmes auxquels les femmes sont confrontées dans la région. Des choses comme l’accès au foncier, au crédit, à l’éducation, aux soins de santé et à la représentation politique.

Elles étaient conscientes qu’elles avaient besoin d’une voix qui pourrait toucher les femmes dans les villes aussi bien que dans les zones rurales. Aussi, avec l’aide de l’Agence des États-Unis pour le Développement international (USAID), elles ont démarré la première radio communautaire au Sénégal à avoir du personnel exclusivement féminin.

Cette radio a bientôt couvert tout un éventail de sujets et a milité en faveur d’un changement positif. À présent, la radio a plus de 150.000 auditeurs et elle constitue une source importante d’information pour les femmes aussi bien que pour les hommes, à Thiès et à Diourbel. Et elle a un réel impact.

Grâce aux informations et aux perspectives proposées par les programmes de la radio, les femmes se rassemblent dans ces deux régions pour faire bouger les choses. Ainsi, dans les écoles, elles ont créé leurs propres « Associations de mères d’élèves » pour compléter les plus traditionnelles associations de parents d’élèves, majoritairement masculines.

Les femmes trouvent également les informations, la confiance et l’expérience dont elles ont besoin pour briguer des mandats. Et les membres de la communauté peuvent faire des choix informés. En conséquence, de plus en plus de femmes sont élues, dont certaines se trouvent parmi nous aujourd’hui.

La radio a également changé l’attitude des hommes. Parmi ces changements importants, on peut citer : une adhésion plus large à la planification familiale et une participation active de toute la famille aux activités génératrices de revenus développées par les femmes.

Mais outre l’accès à l’information, l’Association savait que l’autre clef de l’autonomisation était l’indépendance financière. Aussi, le groupe a commencé à proposer des petits prêts, au titre du micro-crédit, que les femmes pouvaient utiliser comme elles le souhaitaient. Cela voulait dire qu’elles pouvaient investir par exemple dans l’augmentation de la production de volailles, de mangues, de mil, de sel ou de couscous. Ou alors, elles pouvaient utiliser l’argent pour payer des frais de scolarité ou des assurances de santé. L’important est que c’était leur choix. Ce sont elles qui ont décidé. On leur a donné les moyens de tracer leur propre avenir.

Grâce au travail de l’Association, à Thiès et à Diourbel, les femmes ont désormais davantage accès aux terres, aux soins de santé, aux finances et aux systèmes politiques. Mais il reste encore beaucoup à faire. Aujourd’hui, nous sommes ici pour fêter le lancement de Suxali Jigeen (SOAK-hah-lee JEE-gen), qui va poursuivre ces efforts en s’appuyant sur les succès remportés, pour éliminer les obstacles que rencontrent les femmes dans l’accès au leadership. Suxali Jigeen va relever notablement les montants des prêts consentis, ce qui permettra de mettre plus d’argent à disposition des femmes. Le fait de favoriser les investissements va contribuer encore davantage à l’autonomisation des femmes et va stimuler l’économie. Cela aidera la région à croître et à bâtir une société plus juste, plus équitable et plus inclusive.

L’objectif est de reproduire ce modèle à travers le Sénégal. Et c’est déjà ce qui est en train de se produire. À Ziguinchor, l’USAID soutient l’Association régionale Santa Yalla, qui a un réseau de stations de radio communautaires qui font la promotion de la paix et du développement en Casamance. Et de plus en plus de groupes de femmes viennent à Thiénaba pour apprendre auprès de l’Association.

Il y a quelques années, d’aucuns auraient pu penser que c’était impossible. Mais ce n’est pas le cas. Et les femmes de l’Association Rurale de Lutte Contre le Sida seront les premières à leur montrer comment faire.

Je leur adresse tous mes vœux de réussite pour la prochaine phase de leur travail et je suis impatient de voir tout ce qu’elles accomplissent.

Merci.