Revue annuelle conjointe du portefeuille de l’USAID avec le gouvernement du Sénégal

Monsieur le Ministre de l’Economie et des Finances,

Monsieur le Directeur de la Direction de la Coopération Économique et Financière (DCEF),

Mesdames, Messieurs les directeurs et chefs de départements ministériels,

Mesdames, Messieurs les partenaires et employés des Ministères et Agences responsables de la mise en œuvre,

Mesdames, Messieurs,

C’est vraiment un plaisir d’être ici aujourd’hui pour participer à la revue annuelle du portefeuille de la coopération en matière de développement entre l’USAID et le gouvernement du Sénégal.

Cette revue nous donne l’occasion de réfléchir à nos nombreuses réalisations et d’examiner les défis qui subsistent pour atteindre nos objectifs communs dans les années à venir.

L’aide des Etats-Unis au Sénégal à travers l’USAID s’est élevée à quelque cent dix-huit millions de dollars (environ soixante-neuf milliards de francs CFA) pour l’année 2015, reflétant le partenariat étroit et dynamique entre nos deux pays.

Je voudrais dans un premier temps résumer certains des résultats les plus importants.

Dans le secteur agricole, le Sénégal est sur le point d’atteindre l’autosuffisance en riz, un résultat auquel l’USAID et les autres acteurs du secteur agricole ont contribué de deux façons : en améliorant la productivité du riz par la culture pluviale, notamment dans la région de la Casamance, par l’irrigation dans la vallée du Fleuve Sénégal, et par l’élargissement des marchés.

Le Sénégal a déjà enregistré des augmentations considérables de la production céréalière et un accroissement des ventes de cultures locales, telles que mil, maïs et riz.

L’investissement de l’USAID dans des semences améliorées et des rendements supérieurs a permis la vente de cent soixante mille tonnes de céréales, pour une valeur de 15 milliards de francs CFA en 2015.

L’USAID appuie également les efforts du Sénégal pour diminuer la pêche illégale, associée à une perte de revenus de plus de cent soixante-dix-sept milliards de francs CFA chaque année.

En étroite collaboration avec le ministère de la Pêche, les programmes de l’USAID ont aidé à préserver les ressources halieutiques du Sénégal, grâce à la gestion communautaire de six cent mille hectares de ressources marines et côtières.

Dans le secteur de la santé, le gouvernement du Sénégal obtient des résultats extraordinaires, dans le cadre d’un partenariat long et fructueux avec l’USAID.

En effet, l’accès aux services de santé a connu une amélioration sans précédent, avec l’expansion du réseau des cases de santé communautaire. Cette innovation,  introduite par l’USAID et pilotée par le ministère de la Santé au début des années 2000, a permis de former des volontaires de santé communautaire aux traitements et soins de première intervention.

L’accès aux méthodes contraceptives modernes a également connu une très forte progression, avec un taux de prévalence actuel de 21 pour cent, ce qui aide les familles à espacer les naissances, protégeant ainsi la santé des mères et des enfants.

Ces progrès ont notamment contribué à une baisse de 55 pour cent de la mortalité infantile au cours des dix dernières années, ce qui fait du Sénégal l’un des pays d’Afrique dont les résultats en matière de santé ont le plus progressé.

En 2015, l’USAID a également appuyé la promotion de la couverture maladie universelle par le ministère de la Santé, en élargissant l’assurance maladie communautaire – les mutuelles – aux 20 pour cent les plus pauvres de la population.

Le gouvernement des Etats-Unis a également lancé des activités visant à améliorer la capacité de riposte du Sénégal aux épidémies de maladies animales et humaines, par le biais du programme  d’action pour la sécurité sanitaire mondiale (GHSA).

Nous serons heureux de travailler en étroite collaboration avec le ministère de la Santé pour la prévention, le traitement et le contrôle des épidémies de maladies infectieuses.

Lors de la dernière saison des pluies, les hôpitaux situés dans les régions où le taux de transmission du paludisme est élevé ont noté une diminution de 61 pour cent des décès liés au paludisme et le pays a connu une chute de 56 pour cent des cas de paludisme chez les enfants de moins de dix ans.

Ces résultats sont essentiellement dus à un programme modèle, par lequel l’USAID apporte un financement direct au Programme national de lutte contre le paludisme. Ce programme comprend la pulvérisation de produit insecticide dans les maisons, la distribution de millions de moustiquaires de lit imprégnées à travers le pays et la fourniture d’antipaludéens à plus de six cent mille enfants.

Nous avons également un partenariat très dynamique dans le domaine de l’éducation. L’USAID était fière d’apporter son soutien au ministère de l’Education pour l’organisation d’un évènement à Kaolack au mois de mai, autour de la célébration de la semaine de l’Education de base.

Nous saluons le leadership du ministère, qui a mis l’accent sur l’importance de la lecture dans les premières années d’apprentissage auprès de tous les partenaires au développement, notamment les bailleurs de fonds et les communautés locales.

L’USAID a également travaillé de concert avec le gouvernement à l’amélioration de la transparence.  En partenariat avec le ministère des Finances, l’Assemblée nationale et les organisations de la société civile, nous avons mis en place une plateforme en ligne qui présente  le budget national, et des activités de sensibilisation et de formation pour renforcer la compréhension des informations financières sur le secteur public au Sénégal par le grand public.

Au cours de l’année à venir, nous espérons consolider encore ces résultats et notre partenariat au développement, en harmonie avec le Plan Sénégal Emergent.

Nous pouvons certes être fiers des résultats obtenus, mais le processus n’est pas encore tout à fait complet. Je voudrais à présent aborder certaines des difficultés rencontrées pour aller de l’avant.

Tout d’abord, le Sénégal a fait des progrès impressionnants au niveau de l’amélioration des investissements privés, mais d’importantes réformes sont encore nécessaires.  On peut notamment mentionner une nouvelle politique foncière qui ouvrira de nouvelles opportunités aux investissements privés dans le secteur agricole.

Nous espérons que les recommandations de la Commission nationale de réforme foncière favoriseront un accès élargi à la propriété foncière, notamment pour les petits propriétaires, les femmes et les investisseurs, et qu’elles seront adoptées et mises en œuvre rapidement.

Par ailleurs, il faut augmenter les prêts dans le secteur de l’agriculture pour stimuler la croissance économique et réduire la pauvreté.

L’un des moyens importants d’encourager l’investissement privé dans l’agriculture est d’augmenter les prêts agricoles, en incitant les banques à prendre davantage de risques, tout en réduisant les distorsions du marché financier.

L’un des moyens recommandés par la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour y parvenir est d’augmenter la part du secteur privé dans le capital des banques qui opèrent dans ce secteur.

Deuxièmement, les progrès concernant la mortalité maternelle sont à la traîne par rapport à d’autres progrès spectaculaires en termes d’indicateurs de santé nécessaires pour atteindre les objectifs ambitieux du Sénégal en matière de croissance économique.

Nous encourageons l’adoption de mesures renforcées pour réduire le risque de mortalité des femmes enceintes, avec notamment davantage de personnel de santé qualifié dans les zones rurales éloignées.

Troisièmement, les réformes entreprises dans le cadre de l’Acte III de décentralisation peuvent améliorer de façon significative les services publics en élargissant le rôle des communautés locales dans la prestation des  services de base.

Nous incitons le gouvernement du Sénégal à accélérer la mise en œuvre des réformes de l’Acte III de décentralisation, en augmentant les affectations budgétaires aux communautés locales.  L’USAID se tient prête à aider, grâce à un nouveau projet visant le renforcement des capacités de gestion d’une cinquantaine de collectivités locales à Kédougou et en Casamance début 2016.

En conclusion, je voudrais renouveler l’engagement des Etats-Unis à renforcer notre collaboration à travers l’USAID pour améliorer la santé et la sécurité alimentaire des familles, augmenter le nombre d’enfants qui apprennent à lire à l’école et veiller à ce que toutes les personnes au Sénégal aient des opportunités économiques leur permettant de gagner décemment leur vie et celle de leurs familles.

Je souhaite que nous poursuivions  notre partenariat fructueux et notre collaboration étroite, tandis que nous œuvrons ensemble pour appuyer les avancées du Sénégal vers les objectifs de développement ambitieux du plan du président Macky Sall pour un Sénégal émergent.

Merci de votre attention.