Revue annuelle conjointe du portefeuille de l’USAID – 20 juin 2017

Allocution du Chargé d’Affaires, a.i. de l’Ambassade des Etats-Unis, Madame Martina Boustani

Revue annuelle conjointe du portefeuille de l’USAID
Avec le gouvernement du Sénégal

Dakar – 20 juin 2017

(Telle que préparée)

Monsieur le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan,
Mesdames, Messieurs les Directeurs généraux,
Mesdames, Messieurs les Directeurs et Chefs de service nationaux,
Mesdames, Messieurs les Partenaires d’exécution, Chefs d’équipe et Coordonnateurs,
Mesdames, Messieurs,
Chers invités,

C’est un réel plaisir d’être ici pour la revue conjointe du portefeuille de la coopération entre l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) et le Gouvernement du Sénégal.

Depuis 1961, l’USAID coopère avec le Gouvernement du Sénégal et apporte un appui technique et financier dans les secteurs de la croissance économique, de la santé, de l’éducation et de la gouvernance. Ces efforts conjoints sont à l’image des liens de partenariat solides et dynamiques qui existent entre nos deux pays et soulignent  les objectifs communs au peuple du Sénégal et au peuple des Etats-Unis.

Comme dans tout partenariat réussi, il est important de se pencher sur nos acquis et nos difficultés de manière franche et ouverte, ce que la réunion d’aujourd’hui nous donne justement l’occasion de faire.

Le Gouvernement du Sénégal a vraiment fait preuve d’un leadership et d’une vision remarquables. Les Etats-Unis sont heureux de lui apporter leur appui à travers les programmes de l’USAID, à hauteur de 122 millions de dollars (environ 71 milliards de francs CFA) pour l’année 2016.

Dans le cadre du programme  croissance économique notamment de la pêche, le gouvernement a fait d’immenses progrès concernant la pêche illicite dans les eaux sénégalaises. Le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime a redynamisé la Commission Sous-Régionale de Pêche et passé un accord avec six pays en vue de l’harmonisation des politiques visant à réduire la surpêche et à mener à bien des opérations de surveillance conjointes. Pour le seul mois de juin 2017, la Marine sénégalaise a arraisonné sept navires étrangers pour pêche illicite au large de la Casamance.

Dans le domaine du commerce et de l’environnement des affaires, le ministre du Commerce pilote l’intégration régionale, avec la mise en œuvre d’un régime favorable au climat des investissements et au commerce, qui réponde aux besoins des investisseurs étrangers et nationaux. Le Ministère va également lancer bientôt un portail en ligne pour la gestion automatisée du dédouanement des marchandises, ce qui réduira les coûts pour les investisseurs.

L’USAID appuie les objectifs du Plan Sénégal Emergent concernant l’amélioration de la productivité agricole et de la nutrition, l’expansion de l’électrification rurale, l’accroissement des échanges régionaux, l’amélioration de la gestion des ressources côtières et la promotion des services de distribution d’eau et d’assainissement basés sur le marché. En 2016, les contributions de l’USAID en vue de la réalisation de ces objectifs se sont élevées à 43 millions de dollars (environ 25 milliards de francs CFA).

Dans le secteur de l’agriculture, l’USAID facilite le financement des producteurs de riz, de maïs et de mil, améliore l’alimentation des communautés rurales et soutient les mécanismes de réduction des risques des investisseurs privés. Ainsi, en 2016, plus de 4.500 producteurs ont profité de l’assurance agricole basée sur les indices climatiques et 25 millions de dollars (environ 14,5 milliards de francs CFA) ont été prêtés via des banques privées qui acceptent désormais le riz comme caution.

Dans les zones d’intervention de l’USAID, le taux de pauvreté a diminué de trois pour cent et la malnutrition chronique de sept pour cent pour la seule année 2016, ce qui va dans le sens de l’objectif du Gouvernement du Sénégal de réduction de la malnutrition chronique de 20 pour cent d’ici 2012. On peut également citer, comme résultat de nos liens de partenariat, la Semaine de la Mangue et la création de l’Alliance régionale de la Mangue en Afrique de l’Ouest, qui réunit des producteurs, des exportateurs, des responsables gouvernementaux et des techniciens, pour renforcer le commerce et la coopération à l’échelle régionale.

Si les progrès réalisés ont été impressionnants, la lenteur de la mise en œuvre des grandes réformes limite toutefois la capacité du gouvernement à atteindre ses objectifs. Les délais au niveau de réformes essentielles pour un environnement des affaires favorable, telles que le foncier et la libéralisation des marchés financiers, ainsi qu’un niveau insuffisant de transparence dans les investissements publics, limitent la confiance des investisseurs.

Dans le cadre du programme Santé , le gouvernement a fait de remarquables progrès au niveau de l’accès à la planification familiale moderne et de la réduction du paludisme, du risque des maladies infectieuses et de la mortalité maternelle et infantile. Le Sénégal est tout près de l’éradication du paludisme dans le nord du pays et il est à la pointe du progrès en Afrique de l’Ouest, grâce à son expertise au niveau du Programme national de lutte contre le paludisme.

L’USAID a contribué à hauteur de 59 millions de dollars au secteur de la santé en 2016 (soit environ 34 milliards de francs CFA), avec le lancement d’un programme qui consolide les acquis et vise à mettre un terme à la mortalité maternelle et infantile, à élargir le programme communautaire des cases de santé et la couverture maladie universelle, et à renforcer la capacité du Sénégal à lutter contre les menaces de maladies infectieuses.

En dépit d’avancées importantes, il est urgent que le gouvernement s’engage davantage financièrement sur les produits de planification familiale, afin d’atteindre l’objectif du taux de prévalence contraceptive de 45 pour cent d’ici 2020. Il faudrait également poursuivre les efforts de recrutement, de formation et de déploiement de professionnels de santé qualifiés dans les zones rurales, favoriser l’affectation de personnel dans les zones mal desservies et mettre en place une stratégie de recrutement local.

Dans le cadre du programme éducation, la contribution de l’USAID au Programme National de Lecture sera de 72 millions de dollars (environ 42 milliards de francs CFA) sur les cinq prochaines années. Cette approche novatrice vise à améliorer les compétences en lecture, qui sont essentielles aussi bien pour le succès individuel que pour une croissance économique durable et inclusive.

En ce qui concerne le Programme d’Amélioration de la Qualité, de l’Equité et de la Transparence (PAQUET), nous encourageons le gouvernement à financer le système de gestion des informations du Ministère de l’Education – le système SIMEN.  Ce système permettra de moderniser le système éducatif, d’améliorer le contrôle des résultats des enseignants et des élèves et de contribuer à garantir l’utilisation efficace de l’ensemble des ressources humaines et matérielles.

Dans le cadre du programme gouvernance et décentralisation, de nets progrès ont également été réalisés. La poursuite de la mise en œuvre du Fichier unifié des données du personnel de l’Etat et du Code de déontologie générale des agents publics – moyennant une application uniforme – ne pourra que renforcer la confiance des citoyens dans le gouvernement. On note également des avancées sur l’amélioration de la gestion des finances publiques, le transfert de l’ordonnancement du budget aux ministères concernés, en vue de la mise en place des capacités adéquates de contrôle et de gestion. Nous saluons en outre le projet de stratégie du Ministère de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du Territoire national, visant à former les acteurs des collectivités territoriales.

Je voudrais également mentionner les 5 millions et demi de dollars (un peu plus de 3 milliards de francs CFA) alloués par l’USAID pour aider le gouvernement à renforcer la transparence financière du secteur public et l’implication des citoyens et à mener à bien un dialogue avec les citoyens sur des questions telles que la nouvelle autoroute à péage et le code minier. Les activités de l’USAID permettent notamment d’améliorer les moyens de subsistance, de favoriser la résolution des différends, de promouvoir le leadership des femmes en Casamance et d’appuyer les réformes du gouvernement en matière de décentralisation. Par ailleurs, l’USAID est en partenariat avec quatre municipalités de Dakar pour résoudre la question des  enfants de la rue et favoriser l’engagement communautaire sur la question de la mendicité des enfants.

Depuis plusieurs décennies, notre partenariat avec le gouvernement du Sénégal comprend un volet collaboration pour la résolution du conflit en Casamance. Les programmes de l’USAID dans cette région pour atténuer et gérer le conflit ont donné de bons résultats. Nous serons heureux de poursuivre notre engagement avec les communautés dans la région, afin de renforcer le travail du gouvernement pour aboutir à une résolution pacifique et durable du conflit.

Tous ces exemples illustrent parfaitement le dynamisme de notre coopération. Toutefois, il faudrait davantage d’impulsion pour répondre aux demandes des citoyens en matière d’inclusion, d’opportunités et de services de base. Il conviendrait peut-être de renforcer les efforts sur le volume et la rapidité du transfert des ressources et il faudrait un code fiscal qui crée des possibilités de recettes pour les Collectivités Territoriales. En effet, il faut accroitre les efforts pour renforcer les capacités administratives locales. Dans le même temps, nous soutenons une formule transparente, basée sur les résultats, pour le partage des recettes. Cela permettrait d’avoir une utilisation équitable et efficace des ressources publiques et un contrôle différencié dépendant des capacités de gestion.

J’ai beaucoup parlé aujourd’hui, car ces programmes et ces défis sont extrêmement importants pour nous. D’une manière générale, nous saluons le gouvernement du Sénégal, sous l’autorité du Président Macky Sall, pour son programme de réforme ambitieux. Dans cette perspective, nous souhaiterions juste mentionner la nécessité d’accélérer le rythme des réformes et d’arriver à une meilleure exécution au niveau de l’administration publique.

Mais le plus important, et ce sur quoi je voudrais insister, c’est l’engagement indéfectible des Etats-Unis envers le peuple sénégalais.

Je suis certaine que notre partenariat continuera à être fructueux, tandis que nous poursuivrons notre travail commun pour appuyer les progrès en vue de la réalisation des objectifs de développement ambitieux du Plan pour un Sénégal émergent du Président Macky Sall.

Merci de votre attention.